Sécuriser les relations entre associés grâce à la clause de non-concurrence
Bien souvent, les chefs d’entreprise estiment qu’une idée pertinente et un solide sens des affaires suffisent à garantir le succès d’une société. Si cette affirmation est vraie, elle néglige cependant l’importance que jouent les statuts et tout particulièrement le pacte d’associés. Ces documents sont fréquemment établis à partir de modèles standards qui n’assurent ni un fonctionnement parfaitement adapté à la réalité de l’entreprise, ni une protection suffisante contre les contentieux susceptibles de naître en cas de conflit entre associés. Or, parmi les outils les plus efficaces pour prévenir ces situations, la clause de non-concurrence occupe une place stratégique. Lorsqu’elle est correctement rédigée, elle permet de transformer le pacte d’associés en un véritable bouclier juridique, capable de sécuriser durablement les intérêts de l’entreprise. Quelles sont les obligations légales de non-concurrence de l’associé ? En principe, l’associé ou l’actionnaire d’une société n’est soumis à aucune obligation légale de non-concurrence à l’égard de la société dont il détient une fraction du capital. Il lui est donc loisible de créer ou de participer à une société exerçant une activité concurrente de celle dans laquelle il est associé. L’associé doit toutefois s’abstenir de tout acte de concurrence déloyale (Cass. com., 10 septembre 2013, n° 12-23.888). En revanche, lorsque l’associé cumule sa qualité avec celle de salarié ou exerce des fonctions de direction au sein de la société, il est tenu à une obligation de loyauté. Cette obligation lui interdit notamment de prendre une part active dans la gestion d’une autre société concurrente (par exemple : Cass. com., 17 mars 2015, n° 14-11.463). Comment rédiger efficacement une clause de non-concurrence ? Pour être valable, une clause de non-concurrence insérée dans un pacte d’associés doit répondre à plusieurs critères cumulatifs. Elle doit ainsi être : La clause de non-concurrence doit donc être rédigée avec précision quant aux restrictions qu’elle impose, la liberté du commerce et de l’industrie constituant le principe, et la restriction l’exception. Elle doit être justifiée par la nature de l’activité de l’entreprise et par les spécificités de son secteur. Il est à cet égard recommandé de préciser dans la clause les secteurs et domaines d’activité concernés, ainsi que les raisons pour lesquelles une telle restriction s’avère nécessaire. Cette démarche permet, en cas de litige, de mieux appréhender l’intention des parties et d’éviter la rédaction d’une clause trop vague, susceptible d’être jugée inapplicable. De la même manière, les limites temporelles et géographiques doivent être définies avec soin. En pratique, il est relativement rare qu’une clause de non-concurrence excède une durée de deux ans à compter du départ de l’associé. Enfin, lorsque l’associé est également lié à la société par un contrat de travail, la validité de la clause de non-concurrence est subordonnée au versement d’une contrepartie financière par la société. Quelles sont les sanctions en cas de violation d’une clause de non-concurrence ? En cas de violation de la clause de non-concurrence, la société et les autres associés peuvent solliciter du juge une injonction ordonnant à l’associé défaillant de cesser toute activité concurrentielle. Ils peuvent également réclamer des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi. En outre, la clause de non-concurrence peut prévoir le paiement d’une indemnité forfaitaire en cas d’inexécution des engagements souscrits. Le montant ainsi stipulé devra toutefois demeurer proportionné au préjudice susceptible d’être causé, le juge conservant le pouvoir d’en contrôler et, le cas échéant, d’en modérer le montant afin d’éviter toute requalification. Un cabinet tel que PANTHÉON AVOCATS est rompu à la pratique de la rédaction de pactes d’associés et pourra vous épauler tant en conseil qu’en contentieux.






